—Mon Dieu! Mon Dieu! soupira-t-elle.

Mais elle eut une terreur folle lorsqu'elle vit son maître devant elle; ses yeux se refermèrent et sa tête retomba en arrière.

—Sefie! Sefie! Tu ne peux pas!… s'écria Lotje comme si la vieille servante le faisait exprès.

Bouleversé, M. de Beule ne savait plus à quel saint se vouer. On eût dit qu'il avait peur de Sefietje.

—Il faut la faire tenir tranquille, bien tranquille, bégaya-t-il.

Et, tout inquiet, il prit la porte, pendant que Victorine revenait à pas précipités avec une gamelle d'eau. Sefietje reprit ses sens. Elle but une gorgée d'eau fraîche et regarda autour d'elle d'un air égaré.

—Ça va mieux, Sefietje? demanda Lotje d'une voix douce.

Sefietje fit un signe de tête affirmatif. Oui, cela allait un petit peu mieux. M. de Beule la regarda encore un instant avec des yeux pleins d'inquiétude, puis il partit sur la pointe du pied en fermant avec précaution la porte derrière lui.

Juste devant les fenêtres, il rencontra M. Triphon avec Kaboul, et les femmes, à peine délivrées, éprouvèrent de nouveau une terrible angoisse. Sans savoir pourquoi, elles s'attendaient à une scène épouvantable entre le père et le fils, là devant elles. Il n'en fut rien, heureusement. M. de Beule, faisant de la main un geste dans la direction de la «fosse aux femmes», parut dire quelque chose à M. Triphon, qui, à son tour, regarda d'un air alarmé du côté de l'atelier. Sans doute M. de Beule l'avertissait-il de n'y pas entrer en ce moment. Le père et le fils restèrent là un instant immobiles, pendant que les deux chiens s'entreflairaient comme des étrangers. Puis chacun s'en fut de son côté.

Alors, dans leur «fosse», les femmes purent respirer.