—Eh bien, qu'est-ce que vous dites de ça? Peut-on imaginer une monstruosité pareille! Une si belle femme avec ce mal foutu!

«La Blanche» était loin d'être belle femme; mais Bruun la trouvait telle parce qu'il n'avait jamais pu l'avoir. Tous les autres, qui étaient au courant, s'amusaient énormément de sa disgrâce et abondaient sournoisement dans son sens. «Fikandouss-Fikandouss!» criait Feelken. Et Leo mugissait un « Oooo … uuu … iii …» qui dominait le fracas des pilons.

Le matin, à dix heures, ce fut Eleken, la deuxième servante de M. de Beule, qui vint, à la place de Sefietje, avec la bouteille de genièvre; mais le soir, à six heures, Sefietje, à peu près remise, reprit ses fonctions accoutumées.

Les hommes ricanaient.

—Rien de neuf, Sefietje? demanda Berzeel à brûle-pourpoint.

—Je n'ai pas à m'occuper de ce qui ne me regarde pas, répondit Sefietje en rougissant.

Free demanda en rigolant si on voudrait de lui comme parrain. Sefietje ne répondit rien et poursuivit sa tournée. Elle injuria Fikandouss parce qu'il n'en finissait pas de vider son verre; et lorsque Ollewaert, qui avait repris sa bonne humeur, lui demanda d'un air narquois si elle n'avait jamais songé aux garçons, elle devint brusquement furibonde et hurla d'une voix stridente, dans le tonnerre des pilons, qu'ils étaient tous des voyous et des fripouilles: cette fois-ci, M. de Beule ne manquerait pas de faire un nettoyage à fond parmi le personnel de sa fabrique. Conspuée par les ouvriers, elle gagna la porte sous leurs clameurs de colère et de menace.

Un peu avant l'heure de la fermeture, M. Triphon fit son apparition dans la «fosse aux huiliers». Ils ne l'avaient aperçu de toute la journée et ils furent frappés de sa face congestionnée et rouge. «Il a soufflé le feu», se chuchotèrent les hommes à l'oreille. Et Ollewaert dit à Fikandouss:

—Si on lui faisait payer une tournée pour la circonstance?

Fikandouss ne demandait pas mieux. Il s'approcha délibérément de M.
Triphon et lui demanda: