M. de Beule savait … Il savait l'histoire de «La Blanche» avec
Poeteken; et il savait aussi l'histoire de son fils avec Sidonie.
Il y avait eu des scènes d'une violence extrême, à la maison. Pour le cas de «La Blanche» et Poeteken, M. de Beule s'était montré catégorique: ou bien le mariage, dans le plus bref délai légalement possible, ou bien le renvoi immédiat de la fabrique. M. de Beule ne tolèrerait pas une minute que sa fabrique, tant au point de vue moral que commercial, acquît un fâcheux renom. Sefietje fut expédiée vers la «fosse aux huiliers», avec la mission de ramener incontinent Poeteken; dès qu'il fut à la maison, sale et graisseux, en tenue de travail, elle l'introduisit dans le petit parloir auprès de Mme de Beule, qui le reçut avec un visage chagrin et ennuyé.
Ce n'était pas la première fois que pareil événement se produisait à la fabrique, et, en pareil cas, M. de Beule se faisait toujours remplacer par sa femme, pour régler l'affaire. Non pas qu'il craignît de s'en occuper lui-même, mais il s'emportait trop, disait-il; il se mettait dans une telle colère qu'il serait capable de faire un malheur si le coupable se rebiffait.
—Voyons, Poeteken, mon garçon, à quoi avez-vous pensé pour faire des choses pareilles! lui reprocha la bonne Mme de Beule, en faisant un effort sur elle-même pour se donner un air sévère.
—Ah! oui, à quoi pense-t-on dans ces moments-là! répondit Poeteken d'un air contrit et niais.
—Vous saviez pourtant bien que ça finirait mal, reprit Mme de Beule.
La question n'était point directe, Poeteken se dispensa d'y répondre.
—Mais comment est-ce arrivé, Poeteken! Où avez-vous fait cela? insista
Mme de Beule.
—Au grenier, quand elle allait faire le lit du garçon d'écurie, confessa Poeteken.
Mme de Beule hocha la tête d'un air profondément consterné.