XIV

Un soir qu'il était assis là, comme de coutume à fumer sa pipe, auprès des dentellières, des pas lents résonnèrent au dehors, sur le dallage de briques le long du mur. Puis quelqu'un secoua la neige de ses sabots et des doigts discrets frappèrent doucement à la porte.

—Mon Dieu! Qui ça peut-il être! s'écrièrent les jeunes filles inquiètes.

Bien sûr, ni le père, ni Maurice. Ce n'était pas encore leur heure et ils ne frappaient pas à la porte pour entrer.

—Continuez votre travail; j'irai voir, dit la mère, elle-même troublée.

Elle alla vers la porte. Les bobines, un instant arrêtées, recommençaient à tambouriner tout doucement.

—Qui est là? cria-t-elle d'une voix aigre.

—C'est moi, Ivo, répondit du dehors une voix enjouée.

—Mon Dieu! C'est Ivo, notre voisin. Vite, M. Triphon, cachez-vous dans la chambre! dit Sidonie à voix basse.

M. Triphon se leva d'un bond, entra dans là chambre. Mais il en ressortit aussitôt, pour prendre Kaboul, qui était resté endormi devant le feu. Au même moment, la mère ouvrait la porte et Ivo, en entrant, se trouva nez à nez avec M. Triphon. Les yeux de la mère s'écarquillèrent d'angoisse et les jeunes filles ne purent réprimer un léger cri.