—Nom de nom de nom de Dieu! répétait M. Triphon en trépignant de fureur.
Dans la cour arrivait Justin-la-Craque avec une barre de fer, suivi de son aide Komèl, qui portait une pince et un marteau. Tous deux étaient visiblement sous l'influence de la boisson. Justin se planta devant M. Triphon, le regarda fixement de ses yeux vitreux, et commença à fredonner en sourdine son obsédant O Pepita. Il s'arrêta net, grinça des dents et, comme en un accès de rage concentrée:
—Ooooo … Monsieur Triphon! Oooo … monsieur Triphon, si vous saviez ce que moi je sais!
—Qu'est-ce que vous savez, Justin? demanda M. Triphon agacé.
—Oooo … Pepita! Pepita! Pepita! gronda l'ivrogne en sourdine.
Puis, brusquement, très haut, avec une petite voix d'enfant:
—Ooooo … Pepita! Pepita! Pepita!
—Et puis, qu'est-ce que vous savez? insista M. Triphon impatienté.
Justin-la-Craque secoua la tête avec véhémence et ne dit plus rien. Il se hâta vers la fabrique, comme s'il n'avait plus une minute à perdre; et Komèl le suivit, hochant la tête en souriant, avec un drôle de frétillement de son long nez rouge, qui faisait penser à un bec de dindon. Tous deux disparurent dans le vacarme assourdissant de la «fosse aux huiliers».
Soudain apparut la queue en trompette de Muche, suivi de M. de Beule, gonflé, cramoisi, terrible. Il fronça comme un ouragan dans l'huilerie et aussitôt M. Triphon l'entendit «partir» avec frénésie; les perturbateurs avaient leur compte. Le bruit de ses éclats de voix dominait le tonnerre trépidant des pilons. Il hurlait, comme toujours, qu'il flanquerait tout le monde à la porte, et, hoquetant de rage, il revint avec Muche dans la cour, bouscula M. Triphon en jurant et se précipita dans la «fosse aux femmes», où il recommença à «partir» avec ardeur, bien qu'elles ne fussent pour rien dans l'affaire.