—Pourquoi?… mais pour rien! Pour le plaisir de te revoir! fut l'agaçante réponse.
—Très bien; régalez-moi donc, dit M. Triphon. Et puisque vous voulez me régaler, permettez que je vous rende la politesse. Fietje, demande donc à ces messieurs ce qu'ils désirent.
Et il les regarda tous d'un air presque provocant. Fietje, debout derrière son comptoir, riait toujours. On l'eût dit chatouillée par quelque chose de follement amusant. Elle redressait son joli buste et les larmes lui coulaient des yeux. M. Triphon la regardait avec une colère grandissante.
—Est-ce de moi que tu ris, Fietje, dit-il brusquement d'une voix dure.
Elle cessa de rire, le regarda d'un air sérieux, distant et digne.
—J'ai pourtant bien le droit de rire, si ça me plaît, dit-elle.
—Je te demande si c'est de moi que tu ris? insista M. Triphon d'une voix mordante.
Et, comme Fietje, pour toute réponse, se reprenait à rire et roucouler, il se leva d'un bond et, avec un juron, sortit de la salle de café.
Un vacarme sauvage salua son départ. Du dehors il l'entendit. «Sacré nom d'un tonnerre!» ragea-t-il dans le noir de la rue. Et les poings serrés, il se jura d'en tirer vengeance.
Une autre rencontre, toute aussi déplaisante fut celle qu'il eut, quelque temps après, avec les trois demoiselles Dufour.