—Que nous ne l'obtiendrons pas, dit Free avec un petit sourire désenchanté.

—Évidemment, nous ne l'obtiendrons pas, dit à son tour Ollewaert.

Leo et Poeteken se montraient tout aussi pessimistes. Pee, le meunier, Bruun, le chauffeur, et les deux «cabris» ne disaient rien. Les femmes, pareillement, restaient muettes, hormis Victorine, qui protesta violemment: ce serait une honte si on n'obtenait pas ça. Feelken, qui était devenu très sombre et renfermé ces derniers temps, hocha la tête en soupirant. On ne savait quelle dépression, quelle tristesse semblait détruire leurs illusions.

—Des foutaises, tout ça! De la m….. de chien! Rien du tout! lança brusquement Berzeel avec des yeux furieux.

—Et alors? Quoi? Tu es content de ton sort! s'écria Pierken indigné.

—Contents ou non, nous n'avons pas le choix, dit Berzeel d'un ton indifférent. Tout ce que je demande, c'est du genièvre de meilleure qualité et des verres plus grands. Pour le reste, je m'en fous!

—Ivrogne! lui jeta Pierken, trépignant de colère.

Mais les paroles de Berzeel avaient trouvé un écho chez plusieurs autres. Quelques visages s'animèrent, les yeux brillants.

—Haaa!… Si c'était possible! dit Free, qui s'en pourléchait les lèvres avec gourmandise.

—Mais oui, nom de nom, dit à son tour Ollewaert. Oui; demandons ça!
Miel, espèce de veau, qu'est-ce que tu en penses?