Soulée d'un bon repas,
Tu prens ton deduit plus bas,
La part qui m'est, helas! close,
Et que nommer je ne t'ose.

Bref, Pucette, s'il te plaist,
Rien d'elle caché ne t'est;
Quelque endroit où tu te porte,
Là t'est ouverte la porte.

Tu peus exercer tes tours
Par tout où tu prens ton cours:
Il n'y a voile ni robe
Qui tes plaisirs te desrobe.

Tu peus estancher sans fin
La soif et la longue faim
Dont tu te trouves saisie
De Nectar et d'Ambrosie.

Voila, Puce, les presens
De fortune que tu sens;
Mais tu as pris en partage
Un bien plus grand advantage:

Estant celebré ton nom
D'un Phebus, d'une Clion,
Et que chacun d'eux te pousse
Au ciel, de sa plume douce;

Estant celebré ton nom
Du Palatin Apollon,
D'un vers gaillard dont il louë
Les tours que l'Amour lui jouë;

Estant celebré ton nom
D'une vierge de renom,
Qui merite d'avoir place
Au haut sommet de Parnasse.

Ainsi, Puce, à qui mieux mieux
Ils te trompettent tous deux,
Se faisant chacun à croire
D'en rapporter la victoire.

Un homme chante ton heur,
Une vierge ton honneur;
Les Roches encor te sonnent,
Et les palais pour toy tonnent,