Quant à moy, brulant de la flame
Dont son bel œil mon cœur entame,
Je n'en puis longuement parler;
Mais toy en qui le Ciel assemble
Les Graces et vertus ensemble
Pour les Dieux mesmes esgaller,

Tu peux mieux les Graces connoistre
D'elle, que Minerve a fait naistre
Merveille unique de ce temps:
Il suffit, pourveu qu'elle entende
Que, mourant d'une amour trop grande,
Je n'ay peu alonger mes chans.
François de la Couldrove.


C. DES ROCHES A CL. BINET,
Sur ses vers latins.

Dy moy, Rochette, que fais tu?
Ha, tu rougis: c'est de la honte
De voir un portraict qui surmonte
Ta foible et debile vertu.

Binet a voulu dextrement
Representer une peinture,
Qui est de celeste nature,
Et la nommer humainement.

Ayant pillé dedans les Cieux
Le pourtraict d'une belle idee,
Ne voulant comme Promethee
Irriter le courroux des Dieux,

D'un artifice nompareil
Il a voilé son beau visage
D'un nom obscur, comme un nuage
Qui cache les rais du Soleil.

C'est afin de n'estre repris,
Rendant aux hommes manifeste
Une beauté toute celeste,
Digne des immortels espris.