J'aventurai tout sur mon dernier coup de dés en poésie, comme vous verrez, car j'écrivis hardiment sous son vers:
Je suis pauvre et n'ai que moi-même.
C'était là une triste vérité pour moi; Je ne puis dire s'il me crut ou non; je supposais alors qu'il ne me croyait point. Quoi qu'il en fût, il vola vers moi, me prit dans ses bras et me baisant ardemment et avec une passion inimaginable, il me tint serrée, tandis qu'il demandait plume et encre, m'affirmant qu'il ne pouvait plus avoir la patience d'écrire laborieusement sur cette vitre; puis tirant un morceau de papier, il écrivit encore:
Soyez mienne en tout dénuement.
Je pris sa plume et répondis sur-le-champ:
Au for, vous pensez: Elle ment.
Il me dit que c'étaient là des paroles cruelles, parce qu'elles n'étaient pas justes, et que je l'obligeais à me démentir, ce qui s'accordait mal avec la politesse, et que puisque je l'avais insensiblement engagé dans ce badinage poétique, il me suppliait de ne pas le contraindre à l'interrompre; si bien qu'il écrivit:
Que d'amour seul soient nos débats!
J'écrivis au-dessous:
Elle aime assez, qui ne hait pas.