Le jeune seigneur prit alors congé de nous, et s'embarqua sur l'Elbe, dans le dessein de se rendre à la Cour de Vienne, où il avait résolu de chercher protection et d'où il pourrait correspondre avec ceux des amis de son père qui vivaient encore. Il ne se sépara pas de moi sans me témoigner toute sa gratitude pour le service que je lui avais rendu, et sans se montrer pénétré de mes bontés pour le prince son père.

Pour conclusion, après être demeuré près de quatre mois à Hambourg, je me rendis par terre à La Haye, où je m'embarquai sur le paquebot, et j'arrivai à Londres le 10 janvier 1705. Il y avait dix ans et neuf mois que j'étais absent d'Angleterre.

Enfin, bien résolu à ne pas me harasser davantage, je suis en train de me préparer pour un plus long voyage que touts ceux-ci, ayant passé soixante-douze ans d'une vie d'une variété infinie, ayant appris suffisamment à connaître le prix de la retraite et le bonheur qu'il y a à finir ses jours en paix.

FIN DE ROBINSON

NOTES:

[1] Voir à la Dissertation religieuse.

[2] Voir à la Dissertation religieuse.

[3] Ce paragraphe et le fragment que nous renvoyons à la Dissertation ont été supprimés dans une édition contemporaine où l'on se borne au rôle de traducteur fidèle.

[4] La pièce de huit ou de huit testons, dont il a souvent été parlé dans le cours de cet ouvrage, est une pièce d'or portugaise valant environ 5 Fr. 66 cent.

[5] Le MOIDORES que les Français nomment noror et les Portugais nordadouro, est aussi une pièce d'or qui vaut environ 33 Fr. 96 cent. P. B.