—Plus vite! plus vite! criait-il au cocher. Je paierai plutôt le prix de votre cheval.

Et quand il retombait sur les coussins, pâle, les yeux enflammés et fixes, Lionel le saisissait dans ses bras et lui disait en versant de vraies larmes:

—Ah! mon pauvre ami, tu ne veux pas croire à ce qui t'attend. Mais prépare-toi: tu vas te faire écarteler le cœur.

Au fond, Lionel Duplessier n'avait jamais trouvé l'existence plus digne d'être vécue, plus remplie de montant, plus passionnément amusante.

Lorsqu'ils entrèrent dans la chambre de Renée, la jeune femme se dressa, s'accoudant à ses coussins, soulagée de les voir ensemble, mais terrifiée du rôle qu'elle aurait à jouer entre eux deux.

—Voilà, dit Lionel en s'avançant et en désignant Fabrice d'un geste théâtral, voilà celui à qui tu dois demander pardon.

Comment se serait-elle doutée du jour sous lequel son amant avait présenté sa conduite? Demander pardon à Fabrice de le faire souffrir, même involontairement, cela, oui, elle s'y sentait portée. C'était la façon la plus délicate de retirer la promesse qu'elle lui avait faite. Aurait-elle jamais imaginé le sens que Lionel prêtait à cette action et que Fabrice à son tour allait y attacher?

Elle se mit debout, chancelante et gracieuse, plus blanche que sa mantille de dentelle, sous laquelle roula la lourde torsade de ses cheveux mal attachés. Elle fit un pas vers Fabrice, lui prit les deux mains:

—Oh! oui, pardonnez-moi, pardonnez-moi! dit-elle.

Il eut un geste d'indignation et de recul, tandis qu'elle retombait assise, le visage dans ses mains. Il répondit: