—Expliquez-vous.
—Il est le père de mon enfant, dit-elle. Il ma demandé un serment cette nuit, et je l'ai prononcé comme il voulait.
—Quel serment?
—Je t'en dégage, cria Lionel. Renée, écoute, tu es libre, absolument libre. Choisis librement entre nous. Lui, il veut t'épouser, tu le sais. Moi, je ne t'épouserai jamais. Encore une fois, choisis.
C'était le grand effet qu'il avait préparé. Et cette scène, si pénible, devait servir de châtiment à la présomption de Fabrice. Si Renée, à ce moment, eût tendu la main à M. de Ligneul, Lionel se sentait capable de les tuer tous les deux.
Mais Renée vint tout droit vers lui et cacha la tête sur son épaule.
Fabrice eut un cri, aussitôt réprimé. Quelques secondes s'écoulèrent, solennellement, scandées par le tic-tac de la pendule, et sans qu'aucun des trois acteurs de cette scène fît un mouvement.
Puis M. de Ligneul esquissa un sourire amer, qui se termina en une secousse nerveuse de tous ses traits, et il se dirigea vers la porte.
Lionel courut après lui, dans le jardin. Il lui saisit le bras.
—Ah! mon ami, disait-il, tu souffres. Mais moi, je souffre plus que toi. Pardonne-moi, pardonne-lui! Il ne faut pas lui en vouloir. Les femmes sont féroces quand elles aiment. Et celle-ci m'aime jusqu'à la folie, jusqu'au crime s'il me plaisait de l'y pousser.