— « Priez mademoiselle Gilberte de venir me parler. »
La jeune fille regarda son père, puis sa marraine. Tous deux considéraient attentivement les dessins rouges de la nappe.
Bernard, présent à la scène, — car M. Andraux l’avait amené de Paris — murmura :
— « Hardi, ma fille ! va donner la réplique. Ça te formera pour le mélodrame. »
Gilberte rejoignit sa belle-mère. Celle-ci avait tiré sa malle au milieu de sa chambre. Pour l’instant, elle giflait Lilie, qui, parant les calottes de ses bras croisés, sanglotait qu’elle ne voulait pas partir.
— « Toi, j’ai tenu à te dire quelque chose », déclara la dame de Grenelle à la fille aînée de son mari, lorsqu’elle aperçut la jolie figure, tellement plus jolie d’être radieuse.
— « Quoi donc, maman Louise ? » demanda l’autre avec une douceur non feinte, — une douceur tellement aisée dans l’épanouissement où se dilatait sa jeune vie.
— « Sois une cabotine. Ton père y consent. Je m’en moque. Mais, comme je ne veux pas que ton exemple empoisonne ma Lilie, je te préviens que tu ne remettras plus les pieds chez moi.
— Quoi ? » fit la jeune fille en pâlissant.
Et elle regarda sa petite sœur.