— « Bah ! » dit le père, « il a eu peur que nous le remmenions.
— Mais non… je lui avais dit… »
Mme Andraux se sentait humiliée par le manque d’égards d’un fils bien à elle, élevé par elle, et qu’elle opposait, avec son innocente Lilie, à l’indomptable fille de « l’autre ».
— « J’aurai bien soin de lui », dit Claircœur. « Et je regrette encore, mes chers amis… »
Elle voulait les forcer à une effusion, dont l’absence lui crevait le cœur.
Mais ils s’en allaient des Glycines comme d’une auberge. Sans un mot de regret, ils l’embrassèrent machinalement. Louise elle-même n’osa se soustraire à l’accolade.
— Bien le bonjour à votre filleule de notre part, puisque Mademoiselle n’a pas daigné nous accompagner jusqu’au bateau », lança-t-elle en flèche du Parthe.
On allait enlever la planche, du ponton à bord. Lilie, échappant à la main qui la tenait, bondit en arrière, se jeta au cou de Claircœur, dans la clameur des gens qui la crurent à l’eau :
— « Tante Gil, je t’aime. Je serai à toi, quand je serai grande, mieux que Gilberte, mieux que tout le monde. Je t’aime, tante Gil, adieu… Je t’aime. »
Un homme prit la fillette à bras-le-corps, la fit passer par-dessus le bastingage sur le pont, où elle retomba en sanglotant. Elle se tourna, tendant ses petits bras, son petit visage ruisselant de larmes. Elle cria encore :