— Taisez-vous !… » cria Claircœur, dans une telle agitation, qu’il se reprit :

— « Je veux dire… Je ne parle pas des dettes matérielles. Mais tout ce que vous avez été pour votre filleule… Cette enfant, que vous avez élevée. Et moi, ce que vous avez été pour moi, que vous connaissiez à peine… Votre générosité, votre confiance… votre… votre amitié… Ah ! j’ai goûté tout le charme de vos sentiments délicieux. Je ne suis pas un ingrat, mon adorable amie. Moi aussi, j’ai partagé…

— Taisez-vous… » murmura-t-elle.

— « Mais », poursuivit le jeune homme, « est-il pour vous un bonheur plus précieux que celui de votre Gilberte ?… Ah ! comme elle vous aime, comme nous vous aimerons !… »

Il s’approchait, il s’agenouillait, il lui effleura la main.

Elle ne dit plus : « Taisez-vous ! » mais d’un geste de cette main, vivement retirée, elle lui imposait silence.

— « J’en suis sûre… Je sais… Allez chercher votre fiancée. »

Gilberte, dans sa chambre, tremblait d’émotion. Elle regardait son arbre, « son parc », le vieil orme où nichaient ses rêves. Et un effroi lui tordait les nerfs, parce que, précisément ce jour-là, — ce jour de fin novembre, — on était en train de l’abattre.

Des hommes, grimpés à l’aide de crampons et de cordes, sciaient d’abord les hautes branches, car le géant n’eût pu tomber d’une seule masse sans endommager les constructions voisines.

— « Oh ! Marcel… est-ce « oui » ?…