— Oh ! je l’ai rencontré une fois, dans le hall du Petit Quotidien. Nous avons échangé quatre mots.
— Tu m’avais dit qu’il jouerait peut-être ta pièce tirée des Malheurs d’une arpète.
— Ma pièce… Elle ne sera même pas montée, puisqu’on vient de me retourner le scénario.
— De l’Ambigu. Mais il n’y a pas que l’Ambigu. »
Claircœur se tut. Sa voix aurait tremblé. Un point douloureux, une meurtrissure toute fraîche, ce refus sans explication, arrivé voici moins d’une semaine.
— « Tu te décourages tout de suite, marraine. Il est épatant, ton scénario. Faudra le porter au Théâtre-Tragique. Mais tu sais qu’il est là, Fagueyrat. Tu ne l’as pas vu ?
— Non… Où cela ?
— Au troisième rang, à l’orchestre. Tiens, il se lève. C’est vrai qu’il n’est pas mal. Ses portraits ne l’avantagent guère.
— Ne lorgne pas, ma petite Gilberte, je t’en supplie ! Voyons, il est tout près. Tes yeux te suffisent.
— Ces tragédiens », observa la jeune fille, « ils ont tout de même une façon de se tenir… une dignité… Les acteurs comiques, eux, sont généralement communs.