— Madame… c’est la concierge. Elle a juré que Madame y était.
— Mais, vous, Céline, voyons !…
— Madame, ce monsieur est entré tout droit. Il est dans le salon.
— Eh bien, par exemple !… Et puis, quoi !… Il n’y a qu’à le renvoyer… »
Elle jetait un coup d’œil vers la glace, constatait l’écroulement de ses lourds cheveux, sa face meurtrie de manouvrière à la besogne.
— « Je ne peux pas recevoir comme ça. »
Seulement alors, elle eut l’idée de regarder la carte :
MARCEL FAGUEYRAT
Artiste dramatique.
Ce fut un éblouissement. Une vision palpita. Le théâtre… Sa pièce jouée… Le rêve… N’y a-t-il pas, dans toute existence, un rêve qui fait de la réalité une attente ? Le but, ce n’est jamais le point où l’on est, l’heure que l’on vit. Quelque satisfaction que le jour vous apporte, on y compare cette suite plus désirable que demain en fera jaillir. Un bonheur n’est grand que par la quantité d’espoir qu’il renferme. Les succès de Claircœur, fruits savoureux, contenaient cette amande, sur quoi elle se brisait les dents : « Mettre cela au théâtre !… »
Elle sourit à la carte de l’acteur, et dit :