— « Pardon, marraine… Je te croyais seule. »

Était-ce bien vrai ? Céline avait-elle exceptionnellement tenu sa langue ?

— « Entre donc, mignonne… Entre, que je te présente monsieur Fagueyrat.

— Je connais monsieur », dit la jeune fille avec une brève inclination de la nuque.

— « Oh ! sans doute… Tu l’as applaudi, comme tout le monde.

— Mieux que cela. Nous nous sommes parlé. »

Elle souriait, d’un petit sourire retroussé, presque agressif.

Sa tante, avec un peu d’étonnement, regardait Fagueyrat. Et l’acteur, malgré son aplomb, malgré l’insignifiance de la rencontre, rougissait, gêné.

— « Mais oui… L’autre soir… au Gymnase… En vous cherchant, madame, je me suis permis…

— Ça ne valait pas la peine de te le dire, marraine. Je supposais bien que, si monsieur Fagueyrat voulait te voir, il en trouverait sans peine l’occasion. »