Elle entra dans les détails. Le principal rôle d’homme serait tenu par Fagueyrat.
— « Et le principal rôle de femme, par Blandine Jasmin », suggéra Gilberte.
— « Blandine Jasmin ?… » répéta Claircœur, interloquée.
— « Mais oui, voyons… Ça doit être pour elle qu’il prend un théâtre », assura la jeune fille, avec cette tranquillité inconsciemment cynique des ingénues qui parlent de choses scabreuses.
Elle vit se décomposer la physionomie de sa marraine, et elle ajouta vivement, dans une intention gentille :
— « Oh ! tu sais, pour l’arpète, la petite Jasmin fera aussi bien qu’une autre. Il y faut surtout du naturel, de la jeunesse, un minois chiffonné, bien parisien. »
Elle reprenait, sans le savoir, les termes par lesquels Fagueyrat avait annoncé sa merveille. Claircœur l’interrompit.
— « Laisse donc. Ça ne tient pas debout. Tu as toi-même entendu dire qu’il avait rompu avec cette petite sauteuse. Une liaison pareille, ça peut aller pour un acteur du Théâtre-Tragique, mais pas pour le directeur du Louvois. »
La créatrice d’Adhémar et du noble « guillotiné » parlait par la lèvre dédaigneuse de l’excellente femme. Elle reprit un ton moins emphatique pour demander à sa nièce :
— « Mais toi, ma Gilberte… Parlons un peu de toi. Tu as vu Monbardon ?