— Mais, mon pauvre petit… de l’argent… tante Gil…
— Elle n’en a pas, peut-être ?
— Elle en dépense beaucoup, en ce moment. Je sais qu’elle a déplacé des fonds.
— Pour son cabot ?
— Qu’est-ce que tu dis !…
— Oui… Pour cette histoire de location de théâtre, où son Fagueyrat lui prépare un de ces bouillons !…
— Bernard ! » s’écria Gilberte, « je te défends de parler ainsi de marraine ! « Son » cabot !… « son » Fagueyrat… N’es-tu pas honteux ?… Qu’est-ce que tu oses insinuer ?
— Oh ! rien du tout », protesta le frère, avec calme. « Notre bonne tante Gil est à l’abri de tous les dangers, sauf celui de se faire gruger par un saltimbanque.
— Un saltimbanque ! Marcel Fagueyrat ? Un des premiers acteurs de Paris. Et, avec cela, un homme tout à fait bien ! Tu ne sais pas de qui tu parles.
— Tiens ! tiens !… » ricana le potache, en voyant s’animer le visage de la jeune fille, « ce n’est donc pas seulement sur les bonnes poires mûres que ce fringant premier rôle exerce ses ravages. »