Un «oh!» de révolte remua la salle, comme une houle. Sans y faire attention, cette fois, le président demanda:
—«Vous a-t-on dit le nom de l'officier?»
R.—«C'était un prince... Comment, déjà?... Un de ces noms de là-bas, en off... Obiroff... Amiroff... Ah! et Boris... J'y suis maintenant: Boris Omiroff.
—Merci, madame. Vous pouvez vous retirer,» dit le président.
Le surlendemain, après le réquisitoire et les plaidoiries, le jury s'enferma dans sa salle de délibérations, où il resta plus de deux heures. Il en revint pour déclarer non coupables Tatiane Kachintzeff, Katerine Risslaya et Wladimir, l'illuminé. Des applaudissements retentirent. Mais ils se changèrent en murmures quand le chef du jury proclama la culpabilité de Pierre Marowsky, complice dans la fabrication des bombes et la préparation d'un assassinat. Avec indifférence, on écouta la même phrase appliquée à Toulénine, l'absent. Chacun d'eux—Toulénine par contumace—fut condamné à cinq ans de réclusion.
Et les belles dames, en sortant, tiraient du petit sac d'or ou de perles un minuscule mouchoir. Car le dernier spectacle était celui de Tatiane prenant dans ses deux mains les mains de son fiancé, et, échangeant avec lui un regard que les tendres spectatrices imaginaient ruisselant de larmes, faute d'en pouvoir discerner la flamme héroïque, la merveilleuse énergie.
VI
LA MÈRE
—«Allons... ma Flaviana... dis... ç'a été triomphal, cette répétition générale des Elfes?»