—Tu y es étoile. Ça vaut une couronne princière. Mais pourquoi le secret que tu gardes? N'as-tu pas été mariée? Tu as le droit...

—Je n'ai pas le droit de faire monter une princesse Omiroff sur les planches. D'abord... je ne fus jamais princesse. A quoi bon parler d'un mariage qui ne me laisse pas même un nom?...

—Cependant, si ton mari a repris son titre avant de mourir?... Et sa fortune, dis... Ça devait être énorme, la fortune d'un prince russe?

—Chut!... Tais-toi... Je ne sais... J'ignore les lois de son pays. J'ai eu l'amour de cet être adorable... Et son estime, puisqu'il m'éleva jusqu'à lui... C'est assez pour que je garde cette fierté de cœur, cette pureté de vie, que les Parisiens ne comprennent pas.»

Bertile étreignit plus tendrement sa grande amie.

—«Oh!» soupira-t-elle, «comme tu dois être heureuse!

—Je l'ai été.

—Mais tu as eu cela, ce sort merveilleux,» insista l'enfant qui ne concevait rien sinon l'éblouissement de l'aventure.

—«Je l'ai payé si cher!

—Est-ce que le prince Boris,—ton beau-frère en somme,—est méchant pour toi?