—«Voyons... voyons... je ne divague pas?... Une pareille chose... Quel prodige!... Mais c'est à douter de soi, de ses sens!... Vous avez bien dit: «Serge?»

—Serge... oui... Serge!

—Pourquoi?... Quel est ce nom?

—C'est celui de tous les Omiroff. Je le donnais à mon mari, dans l'intimité, car il s'appelait Serge-Dimitri, et je préférais...

—«Le nom le plus cher pour celle qui l'a mis au monde,» murmura Raymond, qui se rappela l'explication de la nourrice.

—«Que dites-vous?

—Mon enfant adoptif a été baptisé, enregistré à la mairie, avec le prénom de Serge. C'est moi qui, dans l'acte où je le reconnaissais, ai ajouté celui de François...

—O mon Dieu!...» soupira la jeune femme.

La joie de cette évidence l'écrasa. Elle tomba sur un siège. Raymond s'agenouilla tout auprès. Hors d'eux-mêmes, ils ne pouvaient articuler une phrase suivie. Leurs mains s'étreignaient. Ils se cramponnaient l'un à l'autre, comme précipités dans l'espace par un cataclysme. Un vertige faisait tourbillonner leurs pensées. Leurs poitrines haletaient dans l'atmosphère du miracle.

—«Raymond, c'est mon enfant... Il n'est pas mort à sa naissance, comme on me l'a fait croire. Ah! j'en ai toujours eu le soupçon.