—«Flavienne... revenez à vous... Amie chérie, je ne reconnais pas votre calme, la dignité si ferme de votre âme... Faites un effort... Là... Ne parlez plus... Attendez.»

Elle ferma les yeux, se recueillit. Cet effort sur soi, que lui demandait Raymond, elle sembla le faire à grand'peine.

Lui, qui ne concevait pas la nature d'un tel bouleversement, suivait avec une sollicitude passionnée le retour de l'équilibre sur cette physionomie qu'ennoblissait d'habitude une si tranquille fierté. Il tenait toujours les mains de Flaviana. Elle était d'une pâleur extrême. Ses yeux restaient clos. Raymond tremblait autant qu'elle. Tout à coup, sous les cils abaissées, deux larmes surgirent. Un sourire extasié détendit les lèvres. Puis, les prunelles se découvrirent, scintillantes de ravissement.

—«Ami, n'ayez pas peur. Ma raison n'est pas atteinte. Mais un espoir... affolant, oui... en effet... s'impose à moi, me transporte. Plus qu'un espoir, une certitude. Je ne puis m'en défendre. Et je frissonne en même temps d'épouvante à l'idée que je pourrais me tromper. Cependant, regardez... j'ai repris mon sang-froid.

—Quel est donc cet espoir, Flavienne?

—L'enfant que vous élevez serait le mien.»

Delchaume se taisait, repris d'anxiété. Elle continua, délicieuse d'orgueil:

—«... Le petit prince Serge Omiroff.

—Serge!...» cria Delchaume.

Ce fut à lui de déraisonner un instant. Il leva les bras, tourna sur lui-même, se frappa le front, revint à Flaviana: