—Je vous aurais donné mon nom, et, si vous avez l'autorité de lever une consigne...

—Vous donnerez votre nom à la mairie. Il faut une autorisation signée du maire.

—Qu'à cela ne tienne! Alexis!» appela-t-elle.

Le jeune garçon bondit du siège.

—«Retournez avec l'auto jusqu'à Mériel. Vous demanderez une carte à la mairie, pour visiter. Une carte à mon nom: mademoiselle Flaviana, du National-Lyrique. Moi, j'attendrai ici.

—Vous êtes la danseuse-étoile?» demanda le sévère gardien du Vieux-Moutier.

Elle ne s'en cacha pas. Sa physionomie trop connue lui interdisait l'incognito. Et d'ailleurs, qu'y gagnerait-elle? Toutefois son beau et célèbre visage n'était pas si populaire que cet individu ne l'ignorât—à moins qu'il ne crût bon de feindre.

—«Montrez-moi,» dit-il, «quelque chose, une carte, une enveloppe de lettre, qui me prouve que vous êtes bien la personne que vous dites, et vous n'aurez pas besoin d'autre autorisation.»

Docile à tout—pourvu qu'on lui ouvrît cette grille, mon Dieu!...—la jeune femme tira au hasard, de son petit sac, quelques papiers. Quoi?... Elle ne savait... Ah! tiens, une carte postale, une facture... Et, justement—ça tombait bien—son coupe-file... Voilà. L'homme les saisit. Et, au lieu de les parcourir d'un coup d'œil, il les examina minutieusement. Peut-être se donnait-il le temps de prendre un parti.

Le cœur de Flaviana, ses yeux, tout son être se tendait vers la grande limousine arrêtée—si près... et si loin!... Que devint-elle lorsque la portière s'ouvrit, et qu'elle vit descendre la femme et l'enfant?