Flatcheff descendit et fit descendre Katerine. Puis il appela l'homme qui s'assoupissait, à l'intérieur tiède et capitonné de la voiture.
—«Sémène, arrive!»
L'autre obéit. Un gaillard au rude visage, d'une taille gigantesque, véritable hercule.
—«Qu'allez-vous me faire?» demanda Katerine.
Et elle commença de trembler.
—«Ne crains rien, si tu as dit vrai,» proféra Flatcheff. «Mais si je trouve sur toi la moindre chose en contradiction avec ton histoire, nous aurons un compte à régler, ma petite. Fouille-la,» ordonna-t-il à Sémène. «Et vas-y avec précaution, au cas où elle garde un joujou comme celui de tout à l'heure.»
Dans l'auto, des cris d'enfant s'élevèrent. Le petit François, réveillé en sursaut, s'effarait. De son rêve, où il revoyait sa nounou Favier, son papa Raymond, tous les visages de tendresse, il surgissait de nouveau brusquement dans l'étrangeté des choses et des êtres. En ce moment, la nuit compliquait tout. Son petit cœur creva.
—«Nounou!... nounou!... Papa!... Je veux ma nounou!...» sanglotait-il.
—«C'est moi ta nounou, mon chérubin,» chuchotait câlinement l'Arlésienne.
—«Ça n'est pas vrai!... Tu es vilaine!... Ça n'est pas vrai!...» criait le bambin, la frappant de ses poings minuscules.