La main fluette de Bertile se posa sur la sienne, si timidement, si tendrement, que, malgré la préoccupation unique, intense, la mère s'oublia dans un profond élan vers cette douce petite.

—«Chère mignonne, tu as le droit de tout savoir. Je n'ai pas de secret pour toi. Mais dans quel tourbillon la vie m'a prise! Demain... Ou plutôt: ce matin, dans quelques heures, quand tu te réveilleras, je te dirai...

—Pourquoi pas tout de suite?

—Tu es trop fatiguée. Tu as déjà veillé pour m'attendre...

—Dormiras-tu, toi, Flaviana?... Ah! tu n'oses pas l'affirmer. Eh bien, moi non plus. Restons ensemble. Et dis-moi tout, de ta tristesse... et de ton bonheur.»

Flaviana raconta tout.

Quand elle eut terminé, quand elle se pencha pour donner un baiser à Bertile, qui promettait, secouée par mille émotions, d'essayer toutefois de dormir, Flaviana entendit à son oreille un chuchotement.

—«Mon étoile chérie,» murmurait la petite danseuse, «je partirai donc tranquille. Tes deux amours vaudront mieux que ma pauvre tendresse. Et je n'en suis pas jalouse!... Seulement... dis... tu ne m'oublieras pas!...»

XII
PLUS RAPIDE QUE LE RAPIDE