La première partie de la course fut silencieuse. L’homme en livrée empêchait les paroles graves. Quant aux banalités, comment fussent-elles venues à ces lèvres serrées par la résolution ou par l’angoisse?
Robert, à un moment, fit tourner les chevaux dans une allée de traverse.
—Pas par là! s’écria Sabine avec une expression de terreur.
—Mais si! dit Robert avec calme. Je sais bien qu’on ne peut pas continuer en voiture. Mais nous ferons le tour de la colline à pied. Le phaéton ira nous attendre de l’autre côté du Chaos.
—Ah! murmura-t-elle, c’est là que vous voulez me conduire?
—C’est là, répliqua-t-il.
Et il ajouta d’un ton dégagé:
—Je voudrais, chère madame, vous montrer l’endroit où j’ai trouvé ce petit objet...
Elle l’interrompit, d’une voix très basse, mais avec une fermeté extraordinaire:
—N’essayez pas de coup de théâtre. C’est inutile. Je m’expliquerai aussi franchement chez moi. Mais, pour Dieu! marchons sans nous arrêter.