Prosper parut, et, sur l’ordre de son maître, ouvrit les volets. Une fraîcheur d’avril, une clarté bleue et rose, pénétrèrent dans la grande pièce tendue de velours sombre, obscurcie de boiseries anciennes, et, çà et là seulement, égayée par des bibelots en ivoire ou en porcelaine de Saxe, par un panneau de glace au-dessus de la cheminée en chêne sculpté, par quelques bergeries galantes du XVIIIe siècle, dues à des pinceaux de maîtres et espacées le long des murs.
—Donnez-moi mon buvard, de l’encre, une plume, dit M. de Villenoise.
Assis dans son lit, le genou soulevé pour soutenir son buvard, il griffonna:
«Madame Sabine Marsan, hôtel Beau-Rivage, Cannes.
«Suis bien heureux. Vous souhaite bon voyage et vous attends avec impatience. A bientôt.
«Vincent.»
—Tenez, dit-il au domestique, faites porter cela et revenez préparer mon tub. Ah!... s’exclama-t-il comme Prosper allait quitter la chambre.
Le valet se retourna. M. de Villenoise eut une courte hésitation. A la fin il demanda, mais avec une ombre de gêne:
—La jument n’est pas sellée, n’est-ce pas?
—Je ne pense pas. Est-ce que monsieur l’a commandée plus tôt ce matin?