—Cette jument est tellement équilibrée, mon général, répondit M. de Villenoise, que la mise en main est presque sa position la plus naturelle. J’ai de la peine, au contraire, à la faire s’étendre lorsque je veux allonger son pas.

—Elle a une robe ravissante, s’écria Gilberte. Elle est dorée comme on avait doré artificiellement le cheval de l’empereur Galba, dans la pantomime de Néron, à l’Hippodrome.

—Si cela vous amusait de la monter, mademoiselle, vous lui feriez beaucoup d’honneur. Vous me laisserez seulement le temps de l’essayer en dame dans un manège, pour m’assurer qu’elle supporte bien la jupe.

—Vous mettriez une jupe? demanda Gilberte égayée.

—Bien entendu.

Elle éclata de rire.

—Ah! je voudrais bien vous voir.

—Pour cela, non, dit Vincent, qui se tourna pour lui sourire.

Leurs yeux se rencontrèrent.

Ce sont toujours les yeux qui trahissent l’affinité inconsciente de deux êtres l’un pour l’autre. Ce mystère, que le cœur peut ignorer longtemps, les prunelles aussitôt le reflètent. Elles n’en savent point garder le secret.