—Oh! voyons, ma chère amie, ce que vous dites là n’est pas exact.
M. de Villenoise essaya de rétablir les faits. Ou plutôt il essaya de retrouver la nuance sous laquelle, voici déjà longtemps, il les avait rapportés à Sabine. Mais, comme la vérité gisait entre ses atténuations et les exagérations de la jeune femme, ils ne purent s’entendre, et, chacun accusant l’autre de mauvaise foi, ce fut l’occasion d’une querelle.
—Dalgrand n’avait rien contre vous, soutenait Vincent. C’était la situation qu’il trouvait fâcheuse.
—Et pourquoi, je vous prie?
—Ah! vous le savez bien... Il possède au plus haut degré l’esprit de famille et la passion de la régularité... Il n’a jamais rêvé le bonheur que dans le mariage.
—Vous allez me persuader, reprit Sabine, qu’il vous conseillait de m’épouser!
Vincent ne put s’empêcher de répondre:
—Non... Car il ne comprend le mariage qu’avec une jeune fille.
Des mots de ce genre remettaient à vif toutes les blessures de Sabine.
—Une jeune fille!... s’écria-t-elle violemment. Oui, quand on a encore le droit d’en épouser une, quand on n’a pas brisé la vie d’une autre...