—Bravo! dit Jean. Vous êtes dans les bons principes: Trompe-moi, je te trompe. Pas de dénouement sanglant. Et tout le monde y gagne. Je souhaite pour mes contemporains que Mervil vous fasse des traits.
—C'est très laid, ce que vous dites là, monsieur d'Espayrac. Adieu, je me sauve. Roger n'approuverait pas que je cause plus longtemps avec un mauvais sujet comme vous. D'ailleurs, j'ai un tas de visites, je vais être en retard... Oh! vous ne savez pas?...
—Quoi donc?
—J'étrenne mon coupé, le coupé que Roger devait me donner dès qu'il aurait une pièce à succès.
—Parbleu, je sais bien, dit Jean. C'est moi qui l'ai commandé. Un coupé bleu, à filets orange, modèle anglais, caisse profonde. Et là dedans, vous avez la glace, la petite pendule... Une autre pendule devant le cocher, sur le siège... Enfin, je crois que rien n'y manque.
—Comment?...
—Mais oui... Est-ce que ce pauvre Mervil s'entend à ces choses-là? Il m'a demandé conseil. Je l'ai conduit chez mon fabricant.
—Ah! dit Simone, dont la joie semblait un peu tombée. Alors, je vous remercie deux fois, car déjà c'était grâce au Roman de la Princesse...
L'animation de la jeune femme s'était subitement éteinte. Elle cherchait ses mots. Un geste de Jean suspendit sa phrase. Lui serrant la main, elle le quitta. Sa disparition eut la promptitude d'une retraite; et, quand la portière fut retombée derrière elle, M. d'Espayrac resta un instant debout, étonné, indécis. Puis, comme il était venu pour proposer à Mervil des corrections, et qu'il voulait les rédiger tandis qu'il croyait les tenir, il s'assit devant la table de travail, dans le grand atelier studieux où le compositeur s'isolait d'habitude, sous les combles de son petit hôtel. Mais Jean ne se mit pas tout de suite à écrire.