—A Gisèle!... Un accident?...
—Oui, assez grave.
—Mais quoi donc?
—La dépêche ne dit pas au juste. C'était en mer.
—Mais qu'y peux-tu? Pourquoi d'Espayrac t'appelle-t-il?
—Je n'en sais rien. Je suppose que le pauvre garçon doit être dans une situation très ennuyeuse. L'accident est peut-être arrivé avec son yacht, et le mari n'y étant pas...
—Qu'y peux-tu? répéta Simone—irritée de voir qu'elle n'en finirait pas avec cette triste histoire, et qu'après elle c'était Roger qu'on y mêlait.
—Dame, tu sais, Jean n'a pas d'ami plus sûr ni plus intime que moi. J'ignore en quoi je pourrai lui être utile. Mais il me demande au plus tôt. Cela suffit, j'irai. Fais préparer ma valise, ma petite Simone. Je vais consulter l'indicateur, voir à quelle heure je dois être à Paris pour prendre l'express de ce soir.
Mervil resta absent deux jours, pendant lesquels il ne fit parvenir à sa femme que des télégrammes et des lettres vagues, d'où celle-ci conclut cependant que la vie de Gisèle devait être sérieusement en danger. Le compositeur employait les plus fortes recommandations pour empêcher Simone de venir au Havre: car, ne se doutant point du refroidissement qu'avait subi cette amitié féminine, il craignait que l'inquiétude n'amenât tout à coup sa femme au beau milieu de circonstances où il ne lui convenait point qu'elle se trouvât. Il la croyait même encore tellement aveugle et folle de tendresse pour sa Gisèle, qu'il n'osait lui écrire la vérité. Cette vérité, il ne la lui apprit qu'à son retour, et encore avec les plus grandes précautions. Toutefois, quelques circonlocutions qu'il mît en usage, il fallut bien en arriver à la phrase catégorique, à la brutalité du fait,—de ce fait qu'il avait appris tout de suite par le télégramme de Jean d'Espayrac. Il fallut bien, à un moment donné, dire à Simone: