Cette déclaration étourdie vint ajouter au trouble de la pauvre mère, car M. d'Espayrac était connu comme l'un des plus élégants cavaliers civils de l'avenue des Poteaux.
Cependant la représentation continuait. Après le travail en haute école, on disposa sur la piste une table longue, portant des petites barres fixes, des petites échelles, des petites balançoires. Et une personne qui, malgré le maquillage, ne paraissait plus de la première jeunesse, mais dont les formes un peu lourdes se dessinaient sous un maillot mauve à rubans maïs, vint exhiber des rats blancs qu'elle avait dressés.
Cette vue n'offrant rien de bien attrayant, on s'était mis à bavarder dans la loge des Mervil. Le public, d'ailleurs, restait froid. Et les rats se balançaient, se suspendaient aux barres fixes, montaient aux échelles, sans exciter beaucoup d'enthousiasme. Mais Jean qui, par hasard, regarda du côté de la femme au maillot mauve, eut une exclamation:
—Tiens! c'est trop fort!
—Quoi donc? demanda Paulette.
Comme ce qui provoquait l'étonnement de M. d'Espayrac ne pouvait être dit à la jeune fille, ce fut vers Mervil que le poète se tourna. Il lui chuchota quelques mots à l'oreille. Le compositeur, à son tour, regarda la montreuse de rats. Il l'examina un instant, puis il dit:
—Mais non, tu dois te tromper.
—Ah! je suis bien sûr que si, par exemple, se récria d'Espayrac.
Mervil regarda encore, et secoua la tête.
—Sont-ils malhonnêtes, maman, de se parler comme ça tout bas! s'écria Paulette exaspérée de curiosité.