Avec la finesse des enfants, Paulette s'était assurée que, depuis quelque temps, sa mère avait perdu la force de la punir.

—Votre mère ne viendra pas, dit la gouvernante. Et on ne la dérangera pas maintenant. Elle dort encore.

—Oh! ce n'est pas vrai, s'écria Paulette. Maman ne se lève jamais si tard.

—C'est qu'elle attend le médecin, qui doit venir ce matin de Paris.

—Le médecin! Elle est donc malade?

La petite voix insolente de Paulette changeait subitement d'intonation, s'adoucissait, puis se brisait d'un sanglot d'anxiété. Son visage d'enfant pâlit. Mais l'Anglaise, touchée de cette sensibilité qu'elle savait vibrante à l'excès, la rassura tout de suite:

—Non, non, pas malade... fatiguée seulement. Vous savez bien comme elle se plaignait, tous ces temps-ci, de lassitude.

—Vous me jurez qu'elle n'est pas malade?

Et Paulette ouvrait plus grands ses yeux immenses pour qu'on n'osât pas la tromper.