Un coup de menton vers Toquette voulait rappeler l’espièglerie de tout à l’heure. Mais ni l’un ni l’autre ne s’y trompèrent. Les paupières mobiles de Nicole s’ouvraient pour laisser poindre un regard de blâme embarrassé. Tandis que, sous la moustache, se crispait la lèvre du jeune écrivain.
— « Je le savais, que vous me désapprouviez, » murmura-t-il. « Je le savais, bien avant ce matin.
— Avant de me revoir ?
— Oui.
— Mais comment ?… Jamais je n’en ai parlé à personne.
— Pensez-vous que j’aie oublié le son de votre voix, quand vous m’appeliez Georget ? Cette voix-là, je ne l’entendais pas prononcer l’autre nom… Et je devinais bien qu’elle n’aimait pas à le prononcer. »
Nicole voulut prendre légèrement de tels mots, qu’elle sentait tout à coup en elle trop à fond, avec leur vibration pénétrante. Elle rit.
— « C’est singulier… Non, vraiment, ce pseudonyme me gênait… Quand je pensais à vous, c’était toujours mon gentil camarade Georget, mon petit flirt à casquette de lycéen, qui surgissait devant mes yeux. Ogier Sérénis n’était pas lui, pas vous, mais un monsieur quelconque. Enfin, maintenant, la nouvelle physionomie donnera un sens au nouveau nom.
— Comme c’est méchant, ce que vous dites là !
— Méchant, pourquoi ?