Jacques se remettait. L’impression nerveuse ne lui laissait qu’une envie de rire. Sa jeune poitrine se dilatait. Allons! la vie était drôle ... Voilà le vieux, maintenant. Est-ce qu’il venait aussi lui demander raison, à cause de sa nièce?... Ça, ce serait l’intermède comique. On allait s’amuser.

—«C’est donc vous, mon vieux Chacal?... Parbleu, je suis enchanté de vous voir. La porte ouverte?... Oui, c’est Crapart qui vient de se sauver d’ici, avec ma botte à ses trousses. Vous ne l’avez pas rencontré?

—J’ai bien cru reconnaître son auto. Mais ... vous vous êtes donc querellés?

—C’est-à-dire ... Il a été d’une grossièreté!... Quelque chose d’inouï. Je l’ai mis hors de chez moi. Et il a bien fait de filer. Sans cela ...

—Pourquoi? Du moment qu’il venait chez vous ... Il ne gardait aucune arrière-pensée quant à cette prévention idiote ... de ces gens de Pontoise?...

—Non, c’est à cause de Chopette ... l’histoire des perles.

—Ah! pour ça, c’est bien vous qui l’aurez voulu,» déclara le marquis Pascal. Et comme Jacques protestait, il ajouta:—«Voyons, je suis venu trois fois, en quatre jours, de la part de la petite, vous réclamer ce collier. Vous me répondiez par des blagues. Soi-disant vous le lui porteriez vous-même une heure après ... Et rien. C’était sa situation avec Crapart qui se jouait ... La plaisanterie n’était pas drôle, vous savez, mon cher ... Je ne l’ai jamais comprise.»

Une sévérité changeait le ton du vieux viveur. Sa dernière phrase fut soulignée d’une façon si particulière, et accompagnée d’un tel regard, qu’elle appela une riposte révoltée:

—«Dites donc!... Vous ne voulez pas insinuer que je l’aurais chipé, le collier?... Je respecte vos cheveux teints, mais faudrait pas ...»