—«On ne sent plus rien là-dessus,» dit l’homme en riant. «Et puis, c’est joli,» ajouta-t-il en blague. «Ça fait des dessins. Ah! on nous rattraperait si nous nous sauvions. Nous sommes matriculés.

—Mais ... ces points noirs?... Ça n’est pas du silex?

—Non, c’est de l’acier. La meule mange les outils. Et elle nous en crache dessus, la mâtine.»

«Dire que leurs poumons deviennent comme ça!» songea Fontès, qui se rappela certaines révélations des rayons X.

Mais on criait au fond du hangar. Un mot répété volait en clameur.

—«Tire-à-l’œil!... Allons! Vivement!... Y a de la besogne pour toi.»

Celui qui parlait avec Fontès, courut. Barbery expliqua. Le camarade—surnommé à cause de cela «Tire-à-l’œil»,—possédait une habileté merveilleuse pour retirer des yeux, avec un aimant, les parcelles d’acier, qui s’y incrustaient en dépit des lunettes. On le préférait au pharmacien, et même à l’oculiste. Depuis son entrée à la fabrique, les ophtalmies, les cas de cécité accidentelle, étaient moins fréquents.

—«Marcel,» dit Fontès, «j’ai à te parler. Je ne peux pas attendre.»

Le piqueur de meules regarda profondément son frère de lait. Sa face mouchetée de sang devint tragique par l’expression qui, soudain, en aggrava l’aspect. Mais ce fut seulement de froid que ses épaules frissonnèrent, sous une aigre rafale qui s’engouffra dans le hangar.