—Donc l’assassin n’est pas entré par là?

—Oh! il a encore pu donner le tour de clef du dehors, en décanillant.

—Peu probable.»

Pour vérifier, Clément sortit par le moulin. Malgré son dégoût de la faiblesse sociale et son peu d’espoir en une machine judiciaire faussée, l’impulsion de savoir l’entraînait aux gestes de l’enquête. Il traversa de nouveau les salles où, tout à l’heure, trépidaient les machines. Rien ne bougeait plus. Le silence. Quelqu’un avait fermé la vanne qui dérivait l’eau sur la roue.

Devant le petit pont conduisant au dehors, Clément s’orienta. Des marches remontaient sur la gauche. Les gravissant, l’architecte reconnut cette partie de la cour où se trouvait le mur d’angle et le portillon du sentier.

De ce côté, aucune défense sérieuse. Un loquet, une mauvaise targette, rarement poussée. Cependant, une fois dans la cour, il fallait, pour gagner la chambre des meuniers, ou bien traverser le moulin—dangereux la nuit, parmi les machines, et au risque de rencontrer le garde,—ou s’introduire par la porte de devant, solide celle-là, et que Fontès venait de voir fermée à clef.

Tout à cet examen, l’architecte avançait, tournant la maison. Un bond farouche de chien avec un aboi furieux, le saisirent. Il avait oublié Fiston. Mais, tout de suite, l’animal se calmait, flairait l’ami. Et, se coulant contre lui, avec de grands battements de queue, une ondulation soumise de l’échine, voulait se faire pardonner la brutalité aveugle de l’accueil.

—«Là, là, Fiston ...» disait machinalement Fontès.

Il était comme figé sur place et regardait ce chien. Ce qui venait de se passer là, avec lui, c’était la scène nocturne. Oui ... voilà ... exactement. La même clameur de colère qu’il avait entendue de sa fenêtre. Et cette clameur suspendue de même ... sur une modulation identique ... Oh! l’étrange écho!...

—«Fiston, Fiston, tu l’as vu, toi ... Il est entré par cette petite porte du sentier, n’est-ce pas? Et tu le connaissais?...»