—Ma chérie!... ma chérie!...» dit doucement Valcor.

Il jeta sa cigarette, prit les mains de sa fille, et s’assit en l’attirant contre lui comme lorsqu’elle était une enfant.

—«Tu ne sais pas combien ton père t’aime, mon précieux trésor! Et tu as eu raison de dire que lorsque je veux quelque chose, ce quelque chose s’accomplit. Seulement il me fallait être certain que tu ne te trompais pas, que tu ne prenais pas un flirt puéril pour un sentiment sérieux. Ne frémis pas ainsi. Je devais m’éclairer ... te forcer à regarder en toi-même. Soit! Maintenant, je suis convaincu. Je vais agir en conséquence. Quel miracle ne ferais-je pas pour que ma Micheline ignore à jamais la tristesse!»

Il parlait d’un ton si pénétré, si tendre, que les larmes de l’enfant jaillirent.

—«Ah! père, je ne l’ignore plus, la tristesse. Comme j’ai souffert depuis deux jours!»

Renaud ne lui demanda point ce qu’elle avait surpris, ni ce qu’elle avait craint. Il se dressa, et, de sa voix revenue aux vibrations de maîtrise, d’autorité:

—«A présent, laisse-moi, Micheline. Sois tranquille et confiante, mon enfant. Tu épouseras Hervé de Ferneuse. J’ai tenu contre le sort des gageures plus difficiles à gagner que celle-là.»

La jeune fille lui tendit son front, et sortit, sans ajouter une parole, étant, comme lui, d’une énergie précise et concentrée.