—«Je saurai décider mon fils à renoncer à votre fille.»

Une angoisse violente altéra les traits de Renaud.

—«Pourquoi? L’hérédité de cette enfant n’est pas vile! L’âme des Gaël vaut celle des Valcor.»

L’accent vibra. Le cri venait d’un lointain orgueil. Où donc était la source, si impétueuse, de vérité, parmi tant de mensonges?

—«Certes,» reprit Mme de Ferneuse, «j’estime à l’égal d’une lignée aristocratique cette famille de marins probes et vaillants, et tellement soucieuse de l’honneur. D’ailleurs, quelle ancestralité n’est pas trouble? Celle qui a produit la pure fleur, si rare et précieuse, qu’est Micheline, me paraît incomparable. Et, socialement, mademoiselle de Valcor, d’une très haute noblesse et d’une richesse excessive, a une valeur digne de sa personne charmante.

—Eh bien?» haleta le marquis.

Si maître de lui, il ne pouvait cacher son anxiété lorsqu’il s’agissait de sa fille.

—«Eh bien, Renaud, une circonstance anéantit pour moi tout cela. C’est le serment exigé par vous que je laisserai mon fils dans l’ignorance de votre secret.»

Tous deux se turent un instant. Ils sentaient entre eux des choses non dites, plus inquiétantes que les paroles exprimées. Enfin, M. de Valcor prononça lentement: