—Oh! le vrai, l’authentique ... Où il parle de celui-ci.

—Est-ce possible?

—Cette lettre m’a été confiée par un banquier de La Paz, lorsque, il y a deux ans, j’ai commencé là-bas une sourde enquête, après les révélations de Vamahiré. En écoutant le récit de l’Indienne, d’obscurs souvenirs, des doutes anciens, des soupçons effacés reprirent corps dans ma tête. Une lumière nouvelle se répandit sur tout cela. J’entrevis une vérité formidable. Aussitôt je commençai, de toutes parts,—chez les tribus sauvages de la forêt comme dans les villes, parmi les gens qui avaient entretenu des rapports avec le fondateur de la Valcorie,—des investigations minutieuses. Je ne vous en exposerai point ici tous les résultats. Ils sont consignés dans des dossiers spéciaux, que je ne livrerai pas à la légère, même et surtout à vous, prince de Villingen. Ces résultats, il y en a dont l’insignifiance vous ferait hausser les épaules. Et cependant, je n’en considère pas un comme négligeable. Sait-on de quelle coïncidence peut jaillir la lumière définitive? Mais le document capital est cette lettre adressée en 1880, par le marquis de Valcor, au banquier Perez Rosalez, à La Paz.

—Que dit-elle, cette lettre?

—Elle traite de questions d’argent, car la maison Rosalez correspondait avec les établissements de crédit français où le marquis avait ses fonds. Elle portait en post-scriptum:

«Vous pouvez avoir absolument confiance dans l’homme que je vous envoie. C’est un autre moi-même. Vous risquerez d’ailleurs de vous y tromper en le voyant. Il me ressemble comme un frère.»

—Non!...» s’exclama Gilbert, «En effet, c’est un document précieux, celui-là. Vous possédez l’original?

—Pas si bête! L’original est resté dans la maison de banque Rosalez, qui, seule, peut garantir son authenticité. J’en ai une photographie.

—Les chefs ou les employés de cette maison gardent-ils un souvenir de ce sosie du marquis de Valcor?