—Un vieux comptable se rappelle avoir été frappé par l’étrange ressemblance.

—Et le nom de cet individu?

—Le comptable?

—Non, l’autre, le sosie. N’a-t-il rien signé, aucun reçu, aucune pièce?

—Rien qui ait pu se retrouver.

—Un frère ...» reprit Gairlance, répétant l’expression de la lettre. «Est-ce que Renaud, par hasard, aurait eu un frère naturel, qui l’ait accompagné ou rejoint là-bas?

—Ce serait à établir. Mais point n’est besoin d’une relation de sang pour expliquer une similitude de traits.»

Après un instant de réflexion:

—«Venons-en,» dit le prince, «à votre troisième preuve.

—Celle-ci,» dit Escaldas, «offre, hélas! moins de solidité, parce qu’elle consiste dans le témoignage de quelques Indiens déjà âgés, parvenus à cette limite de la vie où, dans leurs tribus, on est mis à la broche. D’ailleurs, nous aurions peut-être quelque difficulté à faire admettre à la barre d’un tribunal français, la déposition de ces braves gens, à qui leur religion interdit de porter aucun vêtement.