Gairlance eut un rictus de rage.
—«Reconnaissez donc les vôtres ... tous les vôtres!» cria-t-il. «Avouez donc que Bertrande est votre fille. Nous verrons alors s’il me convient de faire prince de Villingen le petit-fils bâtard d’un rustre, d’un bandit, qui, bientôt, sera un forçat!»
Renaud de Valcor ne broncha pas. Aucun muscle ne tressaillit sur sa face. Il regarda Gilbert comme on regarderait un interlocuteur qui, tout à coup, dans la conversation, se met à parler une langue inconnue.
Ce fut l’autre, qui, après sa brutale sortie, se décontenança, un peu à la façon de quelqu’un qui, croyant escalader dans l’obscurité une marche très haute, trouve le sol d’un palier. L’élan avortait. Mais alors?... Ou bien il avait fait fausse route, ou bien il avait découvert sa tactique à un adversaire extraordinairement fort, qui, désormais, serait sur ses gardes. Troublé, il fit une gauche retraite.
—«N’agissez-vous pas comme si vous étiez le père de Bertrande, en venant ici réclamer je ne sais quoi pour cette fille, et pour l’enfant qu’elle m’attribue,—à tort, sans doute?»
Renaud ne releva pas l’impudence de l’insinuation.
—«Je ne suis pas de ceux qui réclament,» dit-il avec hauteur, «ni pour moi, ni pour les autres. Je suis venu vous poser une question, prince de Villingen, et vous donner un avertissement.
—Voyons la question.
—Comptez-vous remplir votre devoir à l’égard de Bertrande et de votre fils?