Dans la journée du lendemain, Gilbert reçut par télégramme pneumatique un fauteuil pour le Théâtre-Français, joint à une carte sur laquelle il lut:

Marquis de Valcor

Il comprit.

Le soir, dès le couloir de l’orchestre, il ne s’étonna pas d’apercevoir la haute silhouette, si élégante en frac, de Renaud, qui gagnait une place voisine de la sienne.

Au premier entr’acte, les deux hommes mirent un tel empressement à se rencontrer qu’ils bousculèrent des spectateurs. Ceux-ci s’arrêtèrent en grommelant, et aussitôt entendirent ce dialogue:

—«Vous pourriez me saluer, monsieur,» disait Renaud, «N’avez-vous pas été reçu chez moi?

—Non, monsieur,» ripostait le prince. «J’ai été reçu par vous dans le château du marquis de Valcor.»

Du bout de sa canne, Renaud fit sauter le chapeau de Gilbert.

—«Demain, monsieur,» fit celui-ci, «vous recevrez mes témoins.

—J’y compte.»