Alors, se laissant glisser sur sa chaise, elle pleura, le visage dans ses mains.
Lui, bouleversé de pitié, regardait les cheveux blancs, au bord de la coiffe noire, les doigts osseux, entre lesquels scintillaient ces larmes de la vieillesse, rares et affreuses,—plus affreuses peut-être que des larmes d’homme fait.
Cela dura quelques minutes. Puis, comme ne pouvant plus supporter ce qu’il y avait d’inexprimable et d’oppressant dans l’atmosphère de cette humble chambre, Renaud se leva, balbutiant un vague au revoir.
Mathurine n’entendit pas, ou ne voulut pas entendre. Elle garda son attitude. Ses mains voilaient toujours sa figure, cachaient ses yeux ruisselants. Elle ne voyait rien sans doute, ne percevait rien, tournée vers les ténèbres intérieures.
A ce moment, le marquis de Valcor, certain que nul regard, pas même ce pauvre regard noyé, ne surprendrait son geste, mit un genou en terre, s’inclina, et, saisissant un pli de la simple robe de serge, posa ses lèvres sur l’ourlet usé.
Ensuite, il se redressa, sortit, gravit le sentier qui rejoignait la route.
Un groupe de pêcheurs et de paysans étaient là, qui l’attendaient. Électeurs de la veille, fiers d’avoir voté pour le noble personnage et de s’en donner l’importance, ils venaient de s’attrouper autour du break automobile, aux panneaux armories.
Quand ils virent paraître la fière silhouette du grand seigneur, sa haute et svelte stature, si jeune encore d’énergie, sa physionomie intimidante, quand ils remarquèrent ce bras en écharpe, qui ajoutait on ne sait quel prestige martial à sa hardie tournure, ils éclatèrent en acclamations.
—«Vive notre député!