Déjà ils oubliaient la situation périlleuse, le décor écrasant, et même les circonstances menaçantes qui amenaient le jeune homme à une si extraordinaire entreprise.

Les yeux noirs de Mlle de Valcor et les yeux bleus de M. de Ferneuse se pénétraient plus attirants et plus profonds que toute la mer et que tout le ciel, plus remplis de présages que le Destin. Ils ne pouvaient plus se déprendre.

Ce fut elle, moins chimérique et moins rêveuse, qui parla ensuite la première.

—«Pourquoi cette folie, Hervé?

—Parce qu’il faut que je vous parle, et que cependant j’ai juré à ma mère de ne pas remettre les pieds à Valcor.

—Nous en sommes là, vraiment?...» s’écria la jeune fille avec désespoir.

Il ne répondit pas tout de suite, cherchant du regard, au-dessus de lui, s’il ne pouvait gagner un mètre ou deux, et s’élever plus près d’elle. L’ayant cru possible, il se mit en mouvement. Et elle, alors, demeura muette, immobile, la respiration suspendue, toute son âme rivée à chaque geste du jeune corps souple, qui rampait en hauteur, collé au roc ainsi qu’une liane vivante.

Elle soupira, délivrée de l’affreuse oppression, lorsque, enfin, Hervé se trouva dans une espèce de niche assez vaste, à une distance d’elle si insignifiante, que leurs mains s’atteindraient peut-être s’ils essayaient de les joindre, non sans une extrême imprudence.

—«Le plus difficile a été fait sous vos yeux,» dit M. de Ferneuse. «J’ai franchi la falaise par un véritable sentier. Les touristes le suivent sans peine, pour goûter l’émotion de voir la mer se briser à la pointe du promontoire. Mais les guides n’ont pas prévu ma visite d’aujourd’hui, et les degrés manquaient pour remonter sur ce versant.