Quand il eut tracé ces lignes, le marquis de Valcor fit appeler celui de tous ses domestiques en qui il avait le plus confiance, lui donna l’ordre de monter à bicyclette et de porter immédiatement cette lettre au château de Ferneuse.

—«Vous la remettrez,» dit-il, «en mains propres, soit à la comtesse, si elle est à la maison, soit à Noémi, sa première femme de chambre. A personne autre.»

Ceci fait, il retourna chez sa femme.

—«Êtes-vous de force,» lui dit-il, «à revoir ces lettres avec moi?

—Pourquoi? Puisqu’elles sont fausses.

—Les examiner vous en convaincrait. Mais le fait qu’elles ont été apportées ici par une manœuvre indigne ne le prouve pas. Et je tiens ...

—Ah! Renaud, n’en parlons plus. Que cette abomination sorte de notre cœur et de notre mémoire. J’ai trop besoin de votre pardon pour vous offenser davantage par une méfiance que n’excuserait plus l’émoi affolant de la surprise.

—D’ailleurs, nous saurons tout,» reprit-il. «Je n’aurai pas de repos que je n’aie découvert et châtié l’auteur de cette mystification abominable. J’ai promis une forte récompense à ce petit ouvrier maçon s’il réussit à me désigner l’homme. Sans rien dire, il observera de tous côtés, dans le château, dans le pays.»

La marquise de Valcor secoua la tête.

—«Le coupable n’est pas resté ici pour se faire pincer. Songez combien notre fête a fait aller et venir de gens depuis deux jours: électriciens, fournisseurs, tapissiers, domestiques de nos hôtes, sans parler de nos invités eux-mêmes.»