—«Extraordinaire ... Inouï, vraiment!...» murmura-t-il en dévisageant l’étrangère.

—«Ce n’est pas la première fois,» dit-elle, qu’on me prend pour la demoiselle de Valcor.

—Est-ce que votre famille est d’ici?» demanda Gilbert, en qui naissait un soupçon, qu’il n’aurait pas eu s’il avait su ce que tout le pays savait, que le marquis Renaud de Valcor avait quitté l’Europe trois ans avant la naissance de cette jolie fille. Et cela sans erreur possible, sans qu’il fût revenu, même pour une heure, dans cette Bretagne, où l’on ne devait fêter son retour que deux années encore après.

—«Je crois bien,» répondit-elle, «que nous sommes d’ici! Et depuis longtemps, allez. Il y a eu des Gaël au Conquet, aussi loin qu’existent les souvenirs dans la province.

—Votre nom est Gaël?

—Oui, Bertrande Gaël.

—Je parie une chose,» dit-il, suivant sa pensée secrète. «C’est chez vous que le marquis de Valcor se trouve en ce moment.

—Chez nous!» s’écria-t-elle.

Il parut à Gilbert que son frais visage pâlissait. Et elle demeurait perplexe, à le regarder, dans l’envie de savoir davantage. Tandis qu’avant, elle semblait prête à partir, gênée de répondre à un monsieur qu’elle ne connaissait pas, et soulevée d’un élan de fuite, comme un oiseau qui va s’envoler.

—«Vous êtes donc,» reprit-elle, «un ami du marquis de Valcor?